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Un défi technique, temporel, économique

L’hôtel était fermé depuis plusieurs mois pour non-conformité. La demande du nouvel hôtelier s’énonce simplement : tout rénover, mettre aux normes – dont accessibilité à tous niveaux – passer de 19 à 23 chambres, ajouter un sous-sol afin de disposer d’une desserte, d’une salle de réunion, d’une lingerie. Les contraintes sont maximales : enveloppe économique à tenir, chantier à mener entre deux saisons touristiques – alors que toutes les décisions liées à un établissement recevant du public doivent être validées par un bureau de contrôle – ajout de trois mètres en sous-œuvre, dans du sable, sans déstabiliser le bâtiment ni les voisins, avec tous les risques d’imprévus que comporte une rénovation aussi lourde. Un projet fou, que seule une équipe solide et très investie peut prendre en charge !

Un tour de force technique mené tout en subtilité
Rénové de fond en comble en neuf mois, ce bâtiment classé s’inscrit dans le front de mer XIXe siècle de la grande plage du Sillon à Saint-Malo. Relooké intérieurement et extérieurement, mis aux normes, repris en sous-œuvre et creusé dans la dune, l’hôtel offre des lignes épurées et un nouveau confort au personnel et aux personnes accueillies.

Refaire une coque

La rénovation commence avec le décaissement du sous-sol sous l’hôtel complètement évidé. Tous les 3 jours, un géomètre vérifie les points de niveaux du bâtiment et des bâtiments voisins. Puis tout reprend forme, en accord avec le bord de mer. Le sol de la terrasse (70 places, la plus importante du Sillon) est en béton balayé teinté dans la masse. Les murets en traverses de chêne, les tables en madrier de bois sont solidaires du sol : ni manutention, ni emportement par le vent ou les vagues. Entièrement réaménagée, la véranda décline sur sa loggia un motif japonisant inspiré des balcons XIXe et repris, côté cour, sur le garde-corps de l’annexe. Le rouge des balcons, boiseries et parasols signale l’hôtel avec chaleur et gaîté. L’annexe noire, le long d’une entrée paysagère aux herbes folles, a la couleur des hangars à bateaux.

Affirmer une identité maritime

Bar, cuisine, salle de restaurant de 50 places au plancher de bois clair, espace d’accueil tout en bois brut gris : tout est refait à neuf. L’hôtel prend un nouveau nom : Ar Iniz, les Roches. Chaque chambre (aux salles de bain ouvertes pour maximiser l’espace) a le nom d’un caillou de la baie de Saint-Malo. La forme stylisée des rochers devient signalétique, sièges d’attente en gros galets de feutre, pièges à sons emplis de mousse absorbante au plafond de la salle de restaurant. Dans les couloirs de service en béton brut : des échelles de marnage, des bouées de secours, des tuyaux en cuivre, des dictons marins peints sur les marches. Aller aux toilettes est une aventure qui vous projette au fond d’une cale de paquebot équipée de vieux lave-mains récupérés. Au soir tombé, l’éclairage illumine ce beau navire ancré dans la nuit malouine. Un joli détail : le nom de l’hôtel en motif ajouré sur la grille d’entrée.

Etude 11 mois
Chantier 9 mois
Coût 1,7 M€

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